Personne ne te remplace, non personne...

Personne ne te remplace, non personne...











J'avais perdu l'habitude, les clés de la solitude. J'avais perdu l'amer et les déserts arides, même la chaleur des pull-overs. J'avais perdu l'enfer au paradis... J'avais oublié les refrains qui nous rappellent à l'ordre et ton foutu désordre, ce désordre essentiel mais si confidentiel... L'existence et les roses se fanent même un lundi au paradis ...
Personne ne te remplace, non personne, ne te remplace...
C'est un enfer à vivre mais comment vivre avec mes envies insensées? Car ton armoire est vide. Mes rêves me dévorent et mes draps sont glacés toutes les nuits. On n'a plus goût à rien mais tant besoin de tout, c'qui pourrait remplacer un être indélébile. On cherche en vain le double, on serait prêt à tout pour revoir le jour toutes les nuits ...

# Posté le mercredi 04 novembre 2009 08:21

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 08:55

Comment c'était dans l'monde sépia? Comment c'était la vie avant? La vie en noire et blanc?

Comment c'était dans l'monde sépia? Comment c'était la vie avant? La vie en noire et blanc?
En maitrise d'histoire de l'art depuis bientôt 3 ans tu te demandes si tu vas pas laisser tomber, plaquer maintenant tes études, ton T2, ton uniforme Mc Donald... Partir un an ou deux ou plus, t'as des adresses au Sénégal. Mettre des formes. Prendre le large. Elle veut vivre les normes et l'extralarge. Glisser de la norme à la marge. Qu'est ce qui t'retiens ici? C'est vrai tu dis tout l'temps qu'il faut faire vite, qu'il est déjà 25 printemps, que tes copines sont toutes casées, cocounisées par l'habitudes, qu'elles font la gueule, qu'elles sont devenues plus trites qu'un resto tout seul... Je n'aime rien tant que ces heures où tu t'énerves en montrant du menton ceux qui avalent les idées tout rond. Toi tu n'maches pas tes mots et c'est comme ca qu'on t'aime, quand tu dis les sourcils en V: ' on a pas l'temps d'attendre, d'aller fertiliser les chrisanthèmes...' Mettre des formes. Prendre le large. Elle veut vivre les normes et l'extralarge. Glisser de la norme à la marge. Alors toutes dispositions à l'ennui s'envolent quand elle rêve d'excès, de démesure et de sensations folles, se font la malle, les lapins, les rateaux, les grippes et les rentrées, les mois d'novembre et les lundis, les découverts et les trains ratés ...

# Posté le mercredi 04 novembre 2009 08:10

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 08:54

Comment veux-tu que j' sois d'accord avec toi? J'ai d'jà du mal à être d'accord avec moi...

Comment veux-tu que j' sois d'accord avec toi? J'ai d'jà du mal à être d'accord avec moi...
J'peux pas dire qu'elle était vulgaire ou arrongante, l'était même plutôt au contraire élégante... Comme une tartine de confiture dans l'café, comme un graffiti sur le mur des W.C. J'l'ai rencontrée dans une manif' pacifiste, ça castagnait sérieux avec la police. J'm'étais fait mal en balaçant un pavé. J'm'étais foulé la ch'ville du bras; le poignet. Elle était socialiste, protestante et féministe, un peu chiante et un peu triste; institutrice. Croyait qu'le matin du grand soir allait v'nir, croyait au grand souffle d'espoir sur l'av'nir... Genre de conn'ries qu'déjà quèqu'part j'avais lues dans Minute ou dans un journal, je sais plus... Elle m'a parlé d'Bernard Tapie enthousiaste, m'a dit qu'il avait du génie et d'la classe. J'lui ai dit: " t'as raison, Ginette, c'est Karl Marx! En plus balèze, en plus honnête, en plus efficace... " Moi j'étais rien-du-toutiste, anarcho-mitterandiste, j'sais même pas si ça existe... Mais ça m'excite! Puis elle m'a dit qu'elle avait des relations, qu'elle était pote avec un pote à Tonton, qu'elle avait dîné y a un mois chez Jack Lang, que Guy Bedos avait r'pris quatr'fois de la viande. J'ui ai dit qu'moi j'fréquentais plus les salons, que j'avais connu Charles Hernu en prison, qu'j'avais bouffé une fois dans un ministère, qu'objectivement c'était meilleur chez ma mère...
Elle était socialiste, s'méfiait des écologistes, détestait les communistes et les dentistes! J'lui ai dit: "Ginette, faut plus m' parler d'politique, on va finir par s'engueuler, c'est classique! Comment veux-tu que j' sois d'accord avec toi? J'ai d'jà du mal à être d'accord avec moi..."
Elle m'a dit: "J'm'appelle pas Ginette d'toutes façons, j'm'appelle Simone, si ça t'fait rien" J'ai dit: Bon. " Puis faut qu'j'm'en aille, faut que j'retourne gare de Lyon avant qu'on m'vole ma mobylette, ça s'rait con..." C'est comme ça qu'ma socialiste qui avait si peur des voleurs m'a largué en pleine manif à cause d'un vélomoteur. Comment tu veux changer la vie si tu balises pour ton bien ? On peut pas être à la fois un mouton et un mutin. On peut pas être à la fois et au four et au moulin. On peut pas être à la fois Jean Dutour et Jean Moulin .



# Posté le mercredi 04 novembre 2009 07:39

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 08:13